Les utilisateurs des fablabs témoignent

Mathieu Rat, créateur de Virtu, utilisateur de fablabs

Accès aux technologies, échanges de bons procédés et autres idées… Les adhérents des laboratoires de fabrications, des fablabs, bénéficient d'outils précieux.

Dans le cadre de la semaine de l’industrie et dans une volon­té de valo­ri­ser les fablabs comme outils d’appropriation des tech­no­lo­gies de l’usine du futur (réa­li­té vir­tuelle, réa­li­té aug­men­tée, objets connec­tés, cobo­tique, etc.), la CCI pro­po­sait une action conjointe avec les labo­ra­toires de fabri­ca­tion du dépar­te­ment. Jeu­di 29 mars, deux chefs d’entreprise inno­vante témoi­gnaient chez Lab01, à Ambé­rieu-en-Bugey, de l’intérêt d’adhérer à ces struc­tures.

Pas­sion­né de foot­ball, Mathieu Rat tra­vaille sur un pro­tège-tibia sur-mesure et évo­lu­tif, grâce à un com­po­site ther­mo­for­mable. « Les foot­bal­leurs ont besoin de pro­tec­tion, mais l’on ne trouve aujourd’hui sur le mar­ché que des modèles stan­dards qui ne cor­res­pondent pas à la mor­pho­lo­gie des joueurs, explique le por­teur de pro­jet. On est sur un pro­duit peu visible qui n’a pas évo­lué, à la dif­fé­rence du reste de l’équipement. »

Gravure laser

Le com­po­site est emprun­té à la méde­cine, à l’orthèse. « Nous avons tes­té dif­fé­rents maté­riaux pour trou­ver celui qui affi­chait le meilleur taux de ther­mo­for­mage, puis de résis­tance après soli­di­fi­ca­tion », pré­sente encore Mathieu Rat qui ima­gine d’autres appli­ca­tions, notam­ment dans les équi­pe­ments de pro­tec­tion indi­vi­duels. La pro­tec­tion rigide du com­po­site est com­plé­tée par des mousses sur les­quelles sont gra­vés des canaux de drai­nage pour évi­ter, entre autres, que le pro­tège-tibia adhère à la peau. C’est là que le fablab d’Ambérieu inter­vient. Hési­tant entre dif­fé­rents pro­cé­dés, Mathieu Rat a pu tes­ter chez Lab01, la gra­vure laser qu’il a com­pa­ré au frai­sage. « On est en train d’arbitrer », indique-t-il. Le pro­jet est cepen­dant bien avan­cé. Déve­lop­pé avec l’OL, le FBBP et le DFCO, celui-ci est en cours de finan­ce­ment pour lan­cer la pre­mière série, avec 5 000 paires. Un bre­vet a été dépo­sé le mois der­nier, pour l’Europe, les États-Unis et une par­tie de l’Asie.

Prototypage

Florent Com­tet, lui, planche sur une éti­quette connec­tée qui puisse, grâce à des cap­teurs de pré­sence ou des cap­teurs de poids, faire remon­ter des don­nées sur le stock. « Elle peut lan­cer des alertes de réap­pro­vi­sion­ne­ment, voire pas­ser des com­mandes auto­ma­ti­sées par le biais d’un logi­ciel ERP, ou encore réa­li­ser des inven­taires auto­ma­ti­sés », explique le por­teur de pro­jet issu du milieu indus­triel, de la ges­tion de lignes de pro­duc­tion et du déve­lop­pe­ment de logi­ciels. Une expé­rience à l’origine de cette prise de conscience des pro­blèmes de ges­tion des stocks que connaît l’industrie. Comp­tant par­mi les membres fon­da­teurs de Lab01, Florent Com­tet y a conduit toute sa R&D, depuis la maquette en car­ton, jusqu’au pro­to­type en impres­sion 3D. Son pro­jet, moins avan­cé que celui de Mathieu Rat, en est aux études de mar­ché.

« L’avantage de pas­ser par un fablab, c’est aus­si de pou­voir échan­ger avec les autres adhé­rents et d’envisager ain­si, d’autres solu­tions. Cela oblige à pré­sen­ter son idée et par­fois, à l’éclaircir », note Isa­belle Radtke, fab mana­ger de Lab01. Ces inter­ac­tions ne se limitent d’ailleurs pas aux adhé­rents. Lab01 et Pan­glos, le lab de Fer­ney-Vol­taire, sont par­te­naires. Ils par­ti­cipent au groupe de tra­vail ani­mé par Auvergne-Rhône-Alpes Entre­prises, l’agence régio­nale pour l’innovation. Les échanges portent sur les usages pos­sibles des tech­no­lo­gies, les méthodes de déve­lop­pe­ment de pro­duits et les por­teurs de com­pé­tences des deux struc­tures.


Progrès

Les tech­no­lo­gies de l’usine 4.0 prennent de plus en plus place dans les entre­prises. « Selon les der­nières études sur le sujet, le nombre d’entreprises qui disent avoir modi­fié leurs orga­ni­sa­tions par le numé­rique est pas­sé de 35 % à 65 %, entre 2016 et 2017 », a rap­por­té Maxime Gras, ingé­nieur conseil en inno­va­tion à la CCI de l’Ain.


Par Sébas­tien Jac­quart

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