À Oyonnax, le quartier de la Forge vit une profonde mutation

Les élus présents à la Forge pour lancer les travaux de démolition

Le programme de rénovation urbaine prend tout son sens dans la ville du Haut-Bugey. Les habitants voient leur lieu de vie se transformer sous l’impulsion des acteurs locaux, mobilisés depuis une décennie.

« Pré­pa­rer l’avenir, ce n’est que fon­der le pré­sent », a cité Michel Per­raud, le maire d’Oyonnax, repre­nant les mots de l’écrivain Antoine de Saint-Exu­pé­ry. La réfé­rence était de mise, pour mar­quer la phase finale du pro­gramme de réno­va­tion urbaine du quar­tier de la Forge, située rue Saint-Exu­pé­ry. Mer­cre­di 4 avril, l’entreprise Car­dem (filiale d’Eurovia) sol­li­ci­tée pour les tra­vaux de démo­li­tion, a enta­mé le chan­tier des bâti­ments n°36, 38 et 40, pré­vus jusqu’au mois de juillet. Devant l’amoncellement des pre­mières pierres, un rési­dant du quar­tier a confié : « Je vis ici depuis 1980. On attend de voir ce que va don­ner le pro­jet. Je me suis ins­crit pour y habi­ter de nou­veau, une fois les tra­vaux finis. » À Oyon­nax, le pro­jet de réha­bi­li­ta­tion s’inscrit dans le cadre d’un pro­to­cole d’accord avec l’Agence natio­nale de la réno­va­tion urbaine, signé en novembre 2009. Depuis, les dif­fé­rents signa­taires, la Ville, le Dépar­te­ment, la Région et Dyna­ci­té, n’ont ces­sé de tenir le même dis­cours, autour d’une dyna­mique de vie de quar­tier. Un enjeu de taille déjà concré­ti­sé par la mise en place d’une mai­son de pro­jet dans le sec­teur de la Plaine, inau­gu­rée le 29 mars. « La mai­son de pro­jet vient redé­fi­nir l’urbanisme d’une par­tie de la ville d’Oyonnax », s’est réjoui Michel Per­raud, par ailleurs pré­sident de Dyna­ci­té. Si cer­taines zones de la ville jouis­saient jadis d’une image néga­tive, le maire entend bien inver­ser la ten­dance. « La dis­pa­ri­tion de l’ensemble immo­bi­lier à la Forge par­ti­ci­pe­ra plei­ne­ment à l’introduction d’un équi­libre démo­gra­phique et urbain », a-t-il ajou­té face à une salle comble, les habi­tants ayant été conviés pour l’occasion. Et Gérard Per­rin, direc­teur dépar­te­men­tal des ter­ri­toires d’appuyer : « Ces tours contras­taient avec l’environnement réno­vé. Ce pro­jet était com­pli­qué, car il fal­lait faire le bon choix pour que la décons­truc­tion ne fasse cou­rir aucun risque aux sala­riés et aux habi­tants. La ques­tion de l’amiante étant un sujet de san­té publique. » Le désa­mian­tage des tours avant démo­li­tion s'était en effet révé­lé être un véri­table casse-tête.

Démolition des tours de la Forge
La rue Saint-Exu­pé­ry en plein chan­tier. Par la suite, le quar­tier ver­ra poindre un ensemble de six pavillons indi­vi­duels.

Projet social

Sor­ti de terre entre 1961 et 1995, les quar­tiers la Plaine-la Forge comptent aujourd’hui plus de 5 000 habi­tants, selon les der­niers chiffres Insee (2011). « C’est une tranche de vie qui s’arrête, mais la Forge est l’un des plus beaux quar­tiers de la région en termes de réno­va­tion », a réagi Marc Gomez, direc­teur géné­ral de Dyna­ci­té, pré­ci­sant que le coût de la moder­ni­sa­tion s’élève à 26 mil­lions d’euros, dont 4 mil­lions d’euros inves­tis pour la décons­truc­tion des trois immeubles. Le bailleur social, pro­prié­taire des loge­ments de la rue Saint-Exu­pé­ry, a d’ores et déjà relo­gé 109 familles. Dans le cadre des tra­vaux, les maîtres d’ouvrage, Dyna­ci­té et la ville d’Oyonnax, ont pré­vu une clause d’insertion sociale : une part des heures néces­saires à la démo­li­tion a été réser­vée à des deman­deurs d’emploi du quar­tier. Une ini­tia­tive en écho à la phrase de Maryse Hugon, ancienne maire adjointe en charge de la poli­tique de la ville : « Les habi­tants sont les experts du quar­tier ».


Par Sarah N’tsia

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