L’industrie en avant vers la post-modernité !

Le prospectiviste Jean Staune, invité par l'UIMM à dévoiler les clés de l'avenir

Nouveau logo, nouveau nom, l'UIMM de l'Ain, La Fabrique de l'avenir avait choisi pour thème de son assemblée générale annuelle : Les clés du futur.

« Ce qui se passe aujourd'hui est équi­valent au pas­sage de l'ère agri­cole à l'ère indus­trielle. » Invi­té, jeu­di 5 octobre, à clore l'assemblée géné­rale annuelle de l'UIMM de l'Ain, dotée d'un nou­veau logo et d'une nou­velle base­line, « La Fabrique de l'avenir », le pros­pec­ti­viste et essayiste Jean Staune n'y est pas allé par quatre che­mins, au moment de déve­lop­per la thé­ma­tique du jour, « Les Clés du futur », et de détailler les cinq révo­lu­tions en cours : concep­tuelle, tech­no­lo­gique, éco­no­mique, mana­gé­riale et socié­tale. Révo­lu­tions qui consti­tuent autant de che­mins vers la post-modernité.

« Nous avions une vision pro­mé­théenne du monde, mar­quée par la volon­té de tout connaître et de tout maî­tri­ser. Et nous voyons le retour de l'incertitude, note le pros­pec­ti­viste à pro­pos de la révo­lu­tion concep­tuelle. Le nombre d'interactions a explo­sé, démul­ti­pliant les pos­sibles effets papillons. » Exit l'époque où deux concur­rents, comme Boeing et Air­bus, se par­ta­geaient le mar­ché avec un plan de charge sur 10 ans. Aujourd'hui, chaque entre­prise a des mil­liers de concur­rents dont cer­tains qu'elle ne connaît même pas. Mais elle a aus­si, poten­tiel­le­ment, des mil­lions de clients.

Nouvelles technologies

Du côté des tech­no­lo­gies, Jean Staune dénombre quatre inter­nets : l'internet des com­mu­ni­ca­tions où, « aujourd'hui, 0,1 % du PIB fran­çais se fait déjà sur Lebon­coin », l'internet des objets qui per­met à Ama­zon de s'associer à un fabri­cant pour pro­duire un lave-linge qui passe lui-même ses com­mandes de les­sive, l'impression 3D grâce auquel inter­net devient outil de pro­duc­tion et, à venir, l'internet de l'énergie.

Avec la révo­lu­tion éco­no­mique, la valeur ajou­tée s'est dépla­cée. Elle n'est plus dans la matière pre­mière et la chaîne de mon­tage comme au temps du for­disme, mais dans la data et la force intel­lec­tuelle. « Ras­sem­bler, trai­ter et vendre l'information de manière rapide est un moyen de gagner beau­coup d'argent », sou­ligne Jean Staune, qui cite l'exemple de l'entreprise fran­çaise de reci­blage publi­ci­taire sur inter­net, Cri­teo. Autre glis­se­ment de la valeur ajou­tée avec le numé­rique, le linéaire devient illi­mi­té. C'est ain­si que la longue traîne assure 80 % du chiffre d'affaires aujourd'hui, et non plus 20 % du cata­logue comme hier. Enfin, réus­sir n'est plus réser­vé aux CSP+. « Si vous êtes por­teur de pro­jet, il y a de la place pour tout le monde. Pour se finan­cer, il suf­fit de séduire les inter­nautes sur les pla­te­formes de crowd­fun­ding. »

Opportunités

Tous ces chan­ge­ments induisent évi­dem­ment une révo­lu­tion mana­gé­riale — où le modèle pyra­mi­dal tra­di­tion­nel cède la place à l'intelligence col­lec­tive — et une révo­lu­tion socié­tale mar­quée par le pas­sage de l'avoir à l'être. « Déjà 30 % des actifs aux USA et en Europe sont des créa­tifs cultu­rels », annonce le pros­pec­ti­viste. Ceux-là conjuguent quatre pôles de valeurs : ouver­ture aux valeurs fémi­nines, déve­lop­pe­ment durable, impli­ca­tion socié­tale et déve­lop­pe­ment personnel.

« Le monde n'a jamais été aus­si com­plexe, mais n'a jamais comp­té autant d'opportunités », s'enthousiasme en conclu­sion Jean Staune. Et celui-ci d'énumérer les points à sur­veiller : consom­ma­tion de par­ti­cu­lier à par­ti­cu­lier, nou­velles formes de pro­duc­tion comme l'impression 3D, puces RFID et objets connec­tés, pro­grès des inter­faces homme-machine, effon­dre­ment du milieu de gamme, déve­lop­pe­ment de l'économie cir­cu­laire et de l'écologie posi­tive, nou­velle nou­velle économie.


Accompagner les PMI

L'UIMM de l'Ain et l'école d'ingénieurs Gre­noble INP ont signé une conven­tion qui vise la créa­tion d'une chaire de trans­for­ma­tion 4.0 pour accom­pa­gner les PMI vers l'industrie du futur et revoir la manière d'enseigner le mana­ge­ment à la lumière des nou­velles tech­no­lo­gies. « Datas, machines et objets connec­tés, per­son­na­li­sa­tion de la pro­duc­tion, impres­sion 3D… Ces tech­no­lo­gies trans­forment le mana­ge­ment indus­triel et la manière de l'enseigner. Et il nous faut réflé­chir à la manière dont les ingé­nieurs vont pou­voir impul­ser ce chan­ge­ment dans l'entreprise », a com­men­té Ber­nard Ruf­fieux, direc­teur de l'école.


Par Sébas­tien Jacquart


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