ERDF: Nox et Lux

Il est 7h30, ce lun­di matin de juillet. Direc­tion les locaux tech­niques d'ERDF; ceux de Bourg ne sont pas loin des bâti­ments admi­nis­tra­tifs, vers l'ancien Leclerc. Pen­dant que de nom­breux bur­giens prennent leur petit déjeu­ner, deux équipes sont déjà prêtes et concen­trées sur le tra­vail à faire. On fait un retour sur les points impor­tants qui ont pu jalon­ner le week-end, les inci­dents qui ont pu sur­ve­nir. La fin de semaine a été rude: de gros orages ont néces­si­té des inter­ven­tions. Les 80 tech­ni­ciens d'intervention – ils sont 110 en tout, dont deux femmes, dis­pat­chés entre Bourg, Oyon­nax et Mon­tre­vel – ont toutes les semaines des temps d'échanges sur l'analyse des risques. « La cha­leur, les orages… Il faut les envi­sa­ger avant les inter­ven­tions », décrit Phi­lippe Mina­co­ri, res­pon­sable de la base opé­ra­tion­nelle de Bourg. On ne badine pas avec la sécu­ri­té chez ERDF, c'est même une prio­ri­té abso­lue.
Ce matin-là, une équipe va devoir se rendre à Saint-Denis-les-Bourg, pour « une muta­tion de trans­for­ma­teur ». En somme, les trois tech­ni­ciens vont devoir rem­pla­cer un trans­fo par un plus impor­tant, pour mieux ali­men­ter en élec­tri­ci­té tout un quar­tier de la com­mune qui connait un fort déve­lop­pe­ment. « Nos inves­tis­se­ments, pour amé­lio­rer la qua­li­té de four­ni­ture en élec­tri­ci­té sont en hausse de 10% par rap­port à l'an der­nier, détaille Fré­dé­ric Sou­ma­gnac, direc­teur ter­ri­to­rial d'ERDF pays de l'Ain. La part la plus impor­tante concerne le déve­lop­pe­ment du réseau et le rac­cor­de­ment. Ce qui cor­res­pond d'ailleurs à une hausse de 30% des demandes de rac­cor­de­ments: nous res­sen­tons cette année des retom­bées posi­tives d'après-crise. Par ailleurs, nous tra­vaillons pour appor­ter une meilleure qua­li­té de réseau – comme avec le chan­ge­ment de trans­for­ma­teur – et sur la main­te­nance pré­dic­tive. Cette der­nière nous per­met d'estimer la durée de vie rési­duelle des com­po­sants aériens, de prio­ri­ser les inter­ven­tions. Enfin, nous sommes très atten­tifs aux temps de cou­pure. »
Pour l'équipe tech­nique, une fois le maté­riel récu­pé­ré, c'est par­ti pour le chan­tier. Ils vont le bali­ser et le mettre en sécu­ri­té. Leur tenue – bleue – assure une bonne résis­tance au feu. Ils revêtent casques et gilets fluos. Les trois hommes essaient d'agir vite, pour limi­ter autant que faire se peut la cou­pure en élec­tri­ci­té. Il faut extraire l'ancien trans­fo du poste Eliane – tous les postes ont un nom – avant d'y intro­duire le « petit » nou­veau – qui pèse la baga­telle d'1,9 tonne. Ces hommes, vous les voyez aus­si en haut des lignes, en train de répa­rer votre dis­jonc­teur, de s'occuper de fils tom­bés à terre…
« Les tâches des équipes sont très variées, voire même inat­ten­dues », ajoute Ber­nard Dalle, res­pon­sable de l’agence exploi­ta­tion. Ce qui explique qu'il faut « neuf mois de for­ma­tion envi­ron pour un tech­ni­cien, qui ne devien­dra par­fai­te­ment auto­nome qu'après trois à cinq ans. Les chan­tiers ne se res­semblent pas, il existe de nom­breuses tech­niques très diverses à assi­mi­ler.  » Les équipes d'ERDF Pays de l'Ain tra­vaillent sur les lignes qui com­mencent à 20 000 volts, jusqu'à l'installation chez le client.
C'est aus­si grâce à ces lignes, sou­ter­raines ou aériennes, qu'ERDF et le Siea – syn­di­cat inter­com­mu­nal d'électrification et de e-com­mu­ni­ca­tion – ont signé des conven­tions pour l'installation de la fibre optique. « Nous sommes asso­ciés avec le Siea, qui est notre auto­ri­té concé­dante, pour le déploie­ment du très haut débit, sou­ligne Fré­dé­ric Sou­ma­gnac. Les conven­tions ont pour but de favo­ri­ser la coor­di­na­tion entre le syn­di­cat et nous-mêmes, lorsqu'il y a des tra­vaux sur le réseau élec­trique. Une conven­tion concerne le réseau sou­ter­rain, et per­met au Siea d'installer ses four­reaux pour la fibre, sans sur­coût. Une seconde auto­rise le syn­di­cat à pas­ser la fibre sous les câbles des lignes aériennes, une troi­sième offre la pos­si­bi­li­té d'installer des bornes wifi sur les poteaux. » Une coor­di­na­tion qui existe éga­le­ment au sein même des équipes d'ERDF: les trois agences de Bourg, Oyon­nax et Mon­tre­vel sont soli­daires les unes des autres. « L'entraide est impor­tante entre bases, que se soit pour les inter­ven­tions – telle équipe dont ce n'est pas le sec­teur mais est plus près peut inter­ve­nir – ou pour le prêt de maté­riel. Nous sommes dans une logique d'optimisation. », ajoutent Phi­lippe Mina­co­ri et Ber­nard Dalle. Il faut dire qu'il doit lit­té­ra­le­ment jon­gler avec les plan­nings: outre les inter­ven­tions pré­vues, tout est par­fois bous­cu­lé par un coup de fil du centre d'appel de dépan­nage. Les équipes tournent et le ser­vice est assu­ré 24H/24 et 7j/7. « La nuit, 20 per­sonnes couvrent le ter­ri­toire, sur l'Ain et le nord du Rhône. »
Le temps, tou­jours lui. En plus des plan­ning, les inter­ven­tions doivent être opti­mi­sées pour limi­ter au maxi­mum les cou­pures pour les usa­gers. « Dans cer­tains cas, nous pou­vons tra­vailler sous ten­sion, mais lorsque nous sommes obli­gés de cou­per, nous limi­tons les por­tions concer­nées, révèlent-ils. Nous pou­vons aus­si mettre en place des groupes élec­tro­gènes. » ERDF, entre­prise cer­ti­fiée Iso 9001 et Iso 14001, est ain­si un véri­table acteur de déve­lop­pe­ment du ter­ri­toire.

INSCRIPTION NEWSLETTER