Dorine Bourneton : « Écrire une page de son histoire en s’engageant avec passion »

Dorine Bourneton

« L’échec dans le processus de réussite », telle était la soirée thématique proposée par les DCF Pays de l’Ain le 22 mars. Le témoignage de la pilote de voltige, Dorine Bourneton, a largement fait écho auprès d’un public de dirigeants.

« Dans le monde de l’entreprise, rares sont ceux qui par­tagent leurs retours d’expérience. «On n’ose pas assez dire là où on a réus­si, là où on a échoué », a déplo­ré Chris­tophe Levas­seur, pré­sident des DCF Pays de l’Ain et orga­ni­sa­teur de la soi­rée spé­ciale « L’échec dans le pro­ces­sus de réus­site », orga­ni­sée le 22 mars dans les locaux du Cré­dit Agri­cole à Bourg-en-Bresse.

« Jouer d’un ins­tru­ment de musique ou pilo­ter un avion, c’est fina­le­ment presque pareil. Il faut beau­coup s’entraîner, faire ses gammes pour ensuite jouer sa par­ti­tion. On peut aus­si écrire une page de sa propre his­toire si on s’engage avec pas­sion et l’envie de se dépas­ser », a com­men­cé Dorine Bour­ne­ton, confé­ren­cière à ses heures per­dues. Car sa renom­mée est sur­ve­nue dans les airs, en tant que la seule femme han­di­ca­pée au monde, pilote de vol­tige. Dans le milieu fer­mé de l’aviation, l’engagement de Dorine Bour­ne­ton pour la pro­fes­sion­na­li­sa­tion des pilotes han­di­ca­pés dans l’aviation civile est lar­ge­ment recon­nu. Dorine Bour­ne­ton est venue livrer un mes­sage d’espoir, s’inspirant de Djan­go Rein­hardt, célèbre musi­cien de jazz, lui aus­si han­di­ca­pé. «Même si nous ne sommes pas tou­jours maître des évé­ne­ments qui nous arrivent, nous pou­vons tou­jours déci­der de l’attitude à prendre pour y faire face. Nous avons tous des rêves que nous sou­hai­tons concré­ti­ser. Le mien était de deve­nir pilote et j’ai tout don­né pour le réa­li­ser mal­gré les impos­sibles », sou­rit Dorine Bour­ne­ton, seule res­ca­pée d’un acci­dent d’avion en 1991, qui lui a coû­té l’usage de ses jambes à l’âge de 16 ans. Pour elle, en plus des heures de vol accu­mu­lées et l’obtention de son bre­vet de pilote, appar­te­nir à la grande famille des avia­teurs tels qu’Antoine de Saint-Exu­pe­ry ou Jean Mer­moz, a été le com­bat de sa vie. En 2003, Dorine Bour­ne­ton est par­ve­nue à modi­fier la régle­men­ta­tion en faveur des per­sonnes han­di­ca­pées.

En vol

« Et j’ai pour­sui­vi ma folle ambi­tion pour deve­nir pilote de vol­tige et par­ti­ci­per au Salon du Bour­get », indique la pilote de 43 ans, maman d’une petite fille, non sans fier­té.
À 30 secondes du décol­lage, la tour de contrôle contacte Dorine Bour­ne­ton. Elle confie : « C’est le moment où je me répète cette for­mule magique : Je suis bien meilleure que celle que je crois être. L’intention posi­tive aide à per­for­mer. » Dans son avion de 180 che­vaux, la pilote effec­tue ses vrilles et ton­neaux, tou­jours en contrôle, quatre minutes durant. « Un pilote conduit sa mis­sion, tous les gestes ont été répé­tés et men­ta­li­sés. Même les plans B sont envi­sa­gés. Le risque est omni­pré­sent et la pres­sion per­ma­nente, mais cela ne doit pas empê­cher de per­for­mer et gar­der le cap. » Pour arri­ver à une telle maî­trise, Dorine Bour­ne­ton sou­ligne le rôle de son équipe car « pilo­ter n’est jamais un exploit indi­vi­duel. Cha­cun a une mis­sion qui tend vers un objec­tif com­mun, celui de faire voler un avion ». Méca­ni­cien, ins­truc­teur, coach, encadrent la pilote.

Dans son cas, l’avion a dû être équi­pé de com­mandes manuelles de pilo­tage, un palon­nier : un bras de levier à action­ner. Dorine Bour­ne­ton avance : « L’apprentissage est per­ma­nent pour un pilote, et c’est la facul­té de trans­for­mer ce qu’on a acquis, en réflexe, qui per­met d’avancer et d’évoluer. » Dans les moments de doute ou de remise en ques­tion, la pilote repense à un entraî­ne­ment de vol­tige au-des­sus d’une mer de nuages pour retrou­ver l’énergie suf­fi­sante.


DCF

Les Diri­geants com­mer­ciaux de France sont un réseau pro­fes­sion­nel dédié à la fonc­tion com­mer­ciale. Depuis 1930, DCF a voca­tion à défendre l’action com­mer­ciale au sein des entre­prises. Le but étant de déve­lop­per l’excellence des diri­geants et des mana­gers com­mer­ciaux. «L’association se veut être un exu­toire pour réflé­chir à cette typo­lo­gie du com­merce», explique Chris­tophe Levas­seur, direc­teur des DCF Pays de l’Ain.


Par Sarah N'tsia

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