Accidents et maladies professionnelles : des hauts et des bas

Préventica

Les taux de fréquence baissent ou se stabilisent, mais les coûts augmentent. L’Ain n’est pas très bon élève, en la matière.

En amont du salon Pré­ven­ti­ca, ren­dez-vous des acteurs de la pré­ven­tion des risques pro­fes­sion­nels, de la qua­li­té de vie au tra­vail et de la sécurité/sûreté qui aura lieu du 29 au 31 mai à Lyon Eurex­po, la Car­sat Rhône-Alpes a dévoi­lé les chiffres 2016 des acci­dents du tra­vail, mala­dies pro­fes­sion­nelles et acci­dents de tra­jets. Des don­nées où l’Ain ne brille pas par sa per­for­mance. Le ter­ri­toire se place notam­ment en tête des acci­dents du tra­vail, avec un indice de fré­quence de 44,4 acci­dents avec arrêt pour 1 000 sala­riés, contre 40,5 ‰ pour la Savoie ou 39,4 ‰ pour la Haute-Savoie qui se situent davan­tage dans la moyenne des autres dépar­te­ments.

L’Ain n° 1

Est-ce lié à la struc­ture des entre­prises ou aux branches pro­fes­sion­nelles repré­sen­tées ? La fré­quence est en effet plus éle­vée dans les entre­prises de 10 à 149 sala­riés (avec un indice de fré­quence de 43,2 ‰ de 10 à 19 sala­riés, 51,3 ‰ de 20 à 49 sala­riés et 48,4 ‰ de 50 à 149 sala­riés, contre 28,4 ‰ dans les entre­prises de moins de 10 per­sonnes et 28,5 ‰ dans celles de plus de 150 per­sonnes). Le BTP (avec un indice de fré­quence de 59,1 ‰) et les acti­vi­tés de ser­vice à la per­sonne et aux entre­prises comme l’intérim, l’aide à domi­cile ou le net­toyage (53 ‰) sont par ailleurs les sec­teurs les plus tou­chés. Mais, la métal­lur­gie, sec­teur très pré­sent dans l’Ain, n’affiche « que » un taux de fré­quence de 31,6 ‰. « Les manu­ten­tions manuelles sont à l’origine de la moi­tié des acci­dents du tra­vail (53 %) et consti­tuent une prio­ri­té d’action pour la pré­ven­tion », observe la Car­sat.

Évolutions

En termes d’évolutions, à l’échelon régio­nal, si la fré­quence des acci­dents du tra­vail baisse de 2 %, leur coût glo­bal aug­mente de 3 %, avec une hausse de 1 % du nombre de sala­riés concer­nés, de 2 % du nombre de jour­nées indem­ni­sées et de 7 % pour le nombre de décès. À l’inverse, le coût des acci­dents de tra­jets est stable mal­gré une aug­men­ta­tion de la fré­quence (2 %), du nombre d’accidents indem­ni­sés (4 %), de jour­nées indem­ni­sées (2 %) et d’incapacités per­ma­nentes (3 %). Car le nombre de décès a chu­té de 27 %. « Les sec­teurs des ser­vices à la per­sonne et aux entre­prises, ain­si que de l’alimentation ont les indices de fré­quence les plus éle­vés (6,5 ‰). Les horaires de tra­vail en cou­pure, fré­quents dans ces sec­teurs, peuvent expli­quer ces chiffres », consi­dère la Car­sat. Dans ce domaine, l’Ain est un peu moins mau­vais élève. Avec un taux de fré­quence de 4,3 ‰, il se situe au pied du podium, en qua­trième posi­tion sur huit dépar­te­ments, ex aequo avec la Drôme, der­rière le Rhône (5,2 ‰), l’Isère (4,9 ‰) et la Haute-Savoie (4,7 ‰).

Le nombre de mala­dies pro­fes­sion­nelles, enfin, reste stable mais voit leur coût aug­men­ter de 4 %, avec une hausse du nombre de jour­nées indem­ni­sées (4 %) et du nombre de nou­velles inca­pa­ci­tés per­ma­nentes (3 %).


Préventica Lyon fête 10 ans

Cette édi­tion de Pré­ven­ti­ca sera l’occasion de fêter le 10e anni­ver­saire du salon. Plus de 13 000 par­ti­ci­pants sont atten­dus autour de 480 expo­sants et 240 confé­rences.


Les premières assises de la sécurité globale des territoires

preventicaLe congrès salon Pré­ven­ti­ca sera le pré­texte à orga­ni­ser les pre­mières assises de la sécu­ri­té glo­bale des ter­ri­toires, avec le sou­tien du minis­tère de la Tran­si­tion Éco­lo­gique et du minis­tère de la Cohé­sion des Ter­ri­toire. Douze tables rondes sur trois jours et une ago­ra per­ma­nente per­met­tront de ren­con­trer de nom­breux experts et d’échanger sur la sécu­ri­té rou­tière, la pro­tec­tion des infra­struc­tures cri­tiques, les « nou­velles batailles de la tran­si­tion éco­lo­gique », le tout numé­rique, la rési­lience des ter­ri­toires, leur sécu­ri­té éco­no­mique, la ges­tion de crise, ou encore le ter­ro­risme. « L’ambition de ces assises est de démon­trer que la sécu­ri­té est désor­mais l’affaire de tous, de l’État, des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, des entre­prises, des pro­fes­sion­nels et des citoyens », expliquent les orga­ni­sa­teurs qui voient ces trois jour­nées de débats comme l’occasion pour les déci­deurs publics et pri­vés, de confron­ter leurs points de vue et de ren­con­trer de nou­veaux par­te­naires.


Par Sébas­tien Jac­quart

 

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